Kinshasa: 14 morts lors des marches réprimées du 31 décembre et du 21 janvier

Douze personnes ont été tuées par balles et deux autres par asphyxie des gaz lacrymogènes, ce qui porte à quatorze, le nombre de morts lors des manifestations pacifiques du 31 décembre et 21 janvier derniers dans la ville de Kinshasa. Cette conclusion est contenue dans...

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Douze personnes ont été tuées par balles et deux autres par asphyxie des gaz lacrymogènes, ce qui porte à quatorze, le nombre de morts lors des manifestations pacifiques du 31 décembre et 21 janvier derniers dans la ville de Kinshasa. Cette conclusion est contenue dans le rapport rendu public samedi 10 mars au ministère des Droits humains par la commission d’enquête mixte sur les violations et atteintes relatives aux droits de l’homme lors de ces manifestations.

Dans ses conclusions et recommandations, la commission, dénommée CEM 3121, souligne que l’interdiction générale et à durée indéterminée des manifestations publiques est parmi les conséquences des violations et atteintes aux droits de l’homme. Le déploiement d’un important dispositif policier et militaire ainsi qu’un usage de force ont conduit à la violation des instruments juridiques internationaux, régionaux et nationaux.

D’où ces quelques recommandations lues par Me Georges Kapiamba, rapporteur de la commission :

« Au président de la République de veiller à l’amélioration de la protection et de la promotion des droits de l’homme par les institutions publiques et à la poursuite de la mise en œuvre des mesures de décrispation politique ; au gouvernement, de lever l’interdiction générale des réunions et manifestations publiques et pacifiques d’autant plus que la RDC est à neuf mois de la tenue des élections et que les acteurs politiques et sociaux ne sauraient s’y préparer sans la jouissance de ces libertés… »

La commission appelle les FARDC à interdire formellement aux militaires d’«intervenir dans les missions de maintien et de rétablissement de l’ordre public comme des manifestations publiques. »

Pour cette commission, l’établissement d’un comité indépendant d’experts chargé de la révision complète du système de commandement et du protocole de déploiement des forces de défense et de sécurité dans des situations des manifestations pacifiques est d’une importance capitale. Celui-ci devrait publier son rapport et ses recommandations bien avant la campagne électorale.

La CEM 3121 recommande par ailleurs la libération de toutes les personnes détenues arbitrairement à l’Agence nationale des renseignements (ANR) et à l’Etat-Major des renseignements militaires (ex-DEMIAP), à la suite de ces deux manifestations.​

Cette commission, présidée par la ministre des Droits humains, est composée des délégués des organisations de la société civile, du ministère de la justice, de la commission nationale des droits de l’homme et des observateurs du BCNUDH et de l’Union Africaine.

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